Fini le temps de la transformation numérique gérée uniquement par des experts et des entreprises conquérantes (GAFAM). Il est temps de passer en mode « hybride » et « orchestration » avec l’utilisation à la fois des expertises et de l’intelligence collective.
Qu’est-ce que la résilience socionumérique ?
Le concept de « résilience socionumérique » part du principe que nous sommes en situation critique sur plusieurs aspects de nos sociétés amplement numérisées. Nous devons donc passer d’un mode « transformation numérique planifiée » à « adaptation numérique cohérente ».
- Résilience : C’est la capacité à intégrer le changement, l’imprévu ou la perturbation dans sa compréhension du monde et à ajuster ses actions et ses émotions en conséquence.
- Résilience numérique : C’est la capacité d’une organisation ou d’un système à prévenir, résister, s’adapter et se remettre rapidement des perturbations numériques, comme les cyberattaques et les pannes technologiques.
- Résilience socionumérique : C’est la capacité à apprendre, à collaborer et à s’ajuster dans un monde numérisé en développant des usages réfléchis des technologies qui soutiennent à la fois l’efficacité, la santé mentale et la cohésion sociale.
Passer de la transformation numérique à l’adaptation numérique
Afin de contribuer et accompagner le changement, je propose 3 composantes stratégiques pour aligner une adaptation numérique réussie qui soit en équilibre entre performance et robustesse.
Composante 1 : Technologies ouvertes robustes
Ce sont des systèmes interopérables et basés sur des standards qui permettent la circulation des données et réduisent la dépendance. C’est choisir les logiciels libres et le code source ouvert, les registres décentralisés (blockchain), un système d’identité numérique performant, des données ouvertes et liés, un réseaux internet rapides et sécurisés, des infrastructures robustes de puissance de calcul (centres de données), des intelligences artificielles spécialisées, une gouvernance cohérente, etc.
Composante 2 : Innovation ouverte et collaborative
C’est impliquer les utilisateurs finaux dès le début avec des approches d’innovation ouverte pour que les solutions soient vraiment adoptées. C’est choisir des méthodes éprouvées de codesign comme les laboratoires vivants (living lab) pour créer des solutions à des enjeux complexes, de faire confiance aux usagers et à l’intelligence collective de l’ensemble des partie prenantes. La qualité de la transformation et le degré d’adoption du changement sont décuplés avec ces approches constructives.
Composante 3 : Littératie numérique intégrée
C’est développer et renforcer la compréhension et les compétences des personnes sur les outils numériques, les pratiques personnelles et professionnelles et les enjeux sociotechniques des innovations technologiques. Le chemin vers notre souveraineté numérique repose sur les compétences et la confiance envers nos institutions de l’ensemble de nos citoyennes et citoyens. La clé est de pouvoir évoluer avec confiance et sécurité dans le monde numérisé actuel et à venir.
Ces 3 composantes ont pour objectif de lier le numérique, l’humain, et la souveraineté pour créer des systèmes robustes qui sont adaptés aux changements et centrés sur les gens.
La souveraineté numérique du Québec ne repose pas uniquement sur la technologie, mais sur notre capacité collective à développer une véritable résilience socionumérique fondée sur la confiance, les compétences et l’intelligence collective.
Il reste à se faire confiance et de mettre l’épaule à la roue, collectivement.
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