Le Rapport Gallant (février 2026) de la Commission d’enquête sur la gestion de la modernisation des systèmes informatiques de la Société de l’assurance automobile du Québec. https://www.cesis.gouv.qc.ca/la-commission#c751
Les constats et les conclusions sont importants.
La Commission a fait 5 grandes recommandations pour améliorer la gouvernance de la transformation numérique de l’administration publique du Québec. Une très bonne base pour s’assurer que les fonds publics soient mieux utilisés et que les projets de numérisation arrivent à bon port dans l’avenir.
Se doter d’une entité centralisée spécialisée en transformation numérique de l’État
Resserrer les règles de gouvernance des sociétés d’État
Faire évoluer les lois et règlements pour assurer le succès des projets numériques
Favoriser la transparence et l’accès à une information fiable
Bonifier les pouvoirs des remparts institutionnels de l’État québécois veillant notamment à la surveillance des projets numériques
Par contre, je crois qu’il faut aller plus loin que la réforme et changer la posture de transformation numérique vers celle de l’adaptation et de la résilience socionumérique avec la construction d’une vision globale cohérente pour le Québec.
« Nous faisons le pari que, par-delà les différentes positions politiques ou éthiques que certaines personnes défendent souvent avec passion, la plupart d’entre elles seront d’accord avec nous pour reconnaître que nous traversons en ce moment une troublante et inédite crise de la conversation démocratique.
Une polarisation, que personne n’aurait prévue il y a 15 ans, se déploie désormais quotidiennement dans l’espace public. Elle se manifeste par une incroyable prolifération d’insultes que plusieurs ne se gênent plus à utiliser. Traiter quelqu’un de transphobe, de raciste, d’extrême droite, d’islamophobe ou de fasciste devient monnaie courante et surtout sans conséquence pour les diffamateurs. »
Oui, tous les sujets sont importants et ceux qui nous occupent maintenant sont de plus en plus près du quotidien des gens comme se nourrir, se loger, travailler. Il est difficile, par exemple, de penser le futur technologique de nos démocraties alors que plusieurs ont faim, même ici, dans une société aisée.
Les enjeux sont réels, complexes, émotifs et historiques. Prendre le temps de discuter, de comprendre, d’agir avec conviction et sincérité est difficile mais nécessaire dans ce monde en turbulence. Oui, il faut tracer des lignes, prendre position. Mon cadre est celui de la science et la démarche scientifique et c’est la meilleure chose que nous avons (malgré des risques) pour prendre des positions et avancer.
Le grand bordel mondial est celui de la concentration de la richesse, d’un système financier biaisé et tout ce qui soutien ce système. L’impact, c’est la perte constante de système démocratique dans le monde et surtout une non-action avec les changements climatiques. C’est ça, le cœur des injustices pour nous et les prochaines générations.
La souveraineté numérique est nécessaire et urgente à faire. C’est indéniable maintenant. Plusieurs États dans le monde sont sensibilisés et agissent de plus en plus en conséquence avec des actions majeures face à la domination des GAFAM (États-Unis) et des BATX (Chine).
En quelques années, l’enjeu est passé du volet économique au volet géopolitique. Les États-Unis de Donald Trump ont ébranlé ce qui restait de « l’équilibre » international. La dépendance est grande et un risque important apparaît partout dans le monde pour la souveraineté des États et des peuples. L’Estonie, petit pays d’Europe du Nord, avec le programme e-Estonia, est de loin le gouvernement et le peuple le plus expérimenté au niveau numérique en contexte démocratique (la Chine est aussi très avancée mais dans une orientation de contrôle et de surveillance).
Aussi, à cette époque, je suis devenu un « e-resident » de l’Estonie, un projet innovant qui permettait aux entrepreneurs de créer une entreprise à distance ayant un aspect légal en Europe. Déjà, c’était une démonstration de leur capacité d’innovation avec un État qui a su coordonner des efforts entre les ministères, les entreprises et les citoyens pour adapter l’administration publique.
Avec l’arrivée de l’industrie de l’intelligence artificielle générative, la guerre commerciale du financement (milliards de dollars), des centres de données et des ressources (énergies, eaux, terres rares), de l’expertise (talents), a été accélérée la situation avec un facteur 10.
Comment y faire face ?
L’ère de la « transformation numérique » de nos organisations n’est plus une planification tranquille et volontaire. Nous devons nous adaptés rapidement par nécessité et moins par lucidité dorénavant. Le temps de « l’adaptation numérique » est là et des décisions majeures et rigoureuses devrons être faites.
Notre système économique et sociale est orienté vers la « performance » tandis que le contexte mondial nous amène vers une approche de « robustesse » de nos institutions (numérique, changement climatique, crise sociale, etc.).
Comme État, nous devons naviguer sur ce continuum (performance <–> robustesse) avec des décisions hybrides et de qualité. Une des composantes de ce mécanisme décisionnel est la « résilience socionumérique ». Elle se base sur les sciences et le design social collaboratif.
La « résilience socionumérique », c’est de considérer à la fois la dimension technique et la dimension sociale de l’adaptation numérique. C’est la capacité d’une administration, d’une entreprise, d’un collectif, et des citoyens à maintenir ses activités essentielles grâce aux outils numériques et d’être en mesure s’adapter rapidement en mobilisant la technologie et la coopération sociale lors de perturbations majeures. Elle implique des systèmes robustes, des individus compétents et des institutions préparées. Finalement, c’est un écosystème sociotechnique capable d’apprendre des chocs pour être plus fort.
Nous devons aller au-devant du solutionnisme technologique et pensez aux usages numériques les plus porteurs de changement.
Après la campagne de l’automne 2022 comme Directeur de campagne avec la candidate Sandrine Michon dans la circonscription de Saint-Jérôme pour le Parti Québécois, j’ai voulu contribuer au prochain programme du Parti Québécois pour amener l’enjeu du numérique dans notre formation politique. L’équipe de Jean-François Lisée de la campagne de 2018 avec Michelle Blanc avait présenté quelques bonnes propositions sur les enjeux numériques. Mais depuis la refondation en 2019, le numérique n’était pas dans les cartons pour la campagne de 2022.
Dans les nouveaux statuts du Parti Québécois de 2019, les comités d’affinités sont des groupes internes qui permettent de regrouper des experts militants et sympathisants autour de différents sujets et thématiques.
C’était lors du 18e Congrès de l’histoire du Parti québécois, le 11 mars 2023 à Sherbrooke sous le thème « Assumer ses convictions » que je me promenais parmi les militants pour recruter des experts et des intéressés pour créer un comité d’affinité sur l’enjeu du numérique. J’ai rencontré quelques personnes intriguées mais peu d’intérêt d’implication à ce moment.
C’est à partir du Conseil national d’octobre 2023 que mon ami Jocelyn Desjardins et moi avons fait converger une vision stratégique et politique de l’enjeu, que nous avons élaboré un plan d’action pour le comité et réussi à recruter les 15 membres nécessaires pour déposer aux instances nationales un dossier valide pour la création d’un nouveau comité d’affinité sur la souveraineté numérique.
Le comité Souveraineté numérique a été officiellement été créé en janvier 2024.
Par la suite, il y a eu plusieurs rencontres et contributions des membres du comité auprès des instances, dont une réflexion pour le livre bleu et une proposition d’ajout d’un nouveau chapitre pour le programme du Parti Québécois (appelé Projet national). Cette proposition initiale a cheminée dans les AGA locales et régionales pour être par la suite amener par le comité d’affinité au Congrès d’orientation 2026.
C’est lors du Congrès d’orientation du Parti Québécois des 23-25 janvier 2026 sous le thème « Écrire l’histoire » que la proposition du nouveau chapitre a été amené et soutenu en atelier. Finalement, c’est hier le 25 janvier, en plénière, que le nouveau chapitre sur la souveraineté numérique a été adopté par les délégués et fait maintenant partie du programme du Parti Québécois 2026 !
Je remercie l’ensemble des membres de l’équipe du comité et plus particulièrement Simon Du Perron, Jocelyn Desjardins et Luc Lefevre.
Simon Du Perron, Jocelyn Desjardins et Geoffroi Garon-Épaule
Le contenu du chapitre sera disponible lorsque la version finale du Projet national sera publiée par le parti dans les prochaines semaines.
Aussi, les « Comités d’affinités » seront dorénavant des « Comités nationaux ». Cette aventure aura été très riche et un succès, malgré les embuches.
Après plus de deux ans de travail, je suis fier de cette réalisation. Surtout de l’avoir accompli en équipe.
C’est maintenant le temps de préparer l’élection de 2026.
Après l’arrêt de mes études doctorales pour des raisons d’impossibilité de le compléter et des raisons familiales, je me suis inscrit à l’École nationale d’administration publique (ÉNAP) pour des programmes de 2e cycles très courts sur la gouvernance du numérique et sur la gestion intégrée de la performance publique.
ENP8041 – Gouvernance intégrée de la performance publique (3 crédits)
ENP7341-21 – Gestion de risques de projets en contextes et milieux organisationnels publics (1 crédit)
ENP8042 – Dimensions humaines et organisationnelles de la performance (3 crédits) (en cours)
Depuis 2023, je souhaitais m’approprier le langage de l’administration publique du Québec sur les enjeux de la gouvernance, la gestion de projet, gestion du risque, performance, etc. Les cours de 2e cycle me permettent de rapidement même mes apprentissages en contexte professionnel comme conseiller pédagogique dans un collège public.
C’est aussi en lien avec mon intérêt pour la souveraineté numérique du Québec à la quelle je réfléchis depuis 2022 en lien avec mon militantisme au Parti Québécois.
Être étudiant, même un cours à la fois, me procure toujours un plaisir d’apprendre, même à 50 ans. Rappelons que j’ai fais un retour aux études à 40 ans pour le doctorat en communication organisationnelle avec une longue scolarité complétée. Je pense bien apprendre tout au long de la vie.