Le texte « Malaise dans la conversation démocratique » de Normand Baillargeon et Réjean Bergeron exprime très clairement la polarisation actuelle des échanges et une sorte de spirale descendante qui nous éloigne de la bienveillance et qui nous épuise personnellement et collectivement.
« Nous faisons le pari que, par-delà les différentes positions politiques ou éthiques que certaines personnes défendent souvent avec passion, la plupart d’entre elles seront d’accord avec nous pour reconnaître que nous traversons en ce moment une troublante et inédite crise de la conversation démocratique.
Une polarisation, que personne n’aurait prévue il y a 15 ans, se déploie désormais quotidiennement dans l’espace public. Elle se manifeste par une incroyable prolifération d’insultes que plusieurs ne se gênent plus à utiliser. Traiter quelqu’un de transphobe, de raciste, d’extrême droite, d’islamophobe ou de fasciste devient monnaie courante et surtout sans conséquence pour les diffamateurs. »
Oui, tous les sujets sont importants et ceux qui nous occupent maintenant sont de plus en plus près du quotidien des gens comme se nourrir, se loger, travailler. Il est difficile, par exemple, de penser le futur technologique de nos démocraties alors que plusieurs ont faim, même ici, dans une société aisée.
Les enjeux sont réels, complexes, émotifs et historiques. Prendre le temps de discuter, de comprendre, d’agir avec conviction et sincérité est difficile mais nécessaire dans ce monde en turbulence. Oui, il faut tracer des lignes, prendre position. Mon cadre est celui de la science et la démarche scientifique et c’est la meilleure chose que nous avons (malgré des risques) pour prendre des positions et avancer.
Le grand bordel mondial est celui de la concentration de la richesse, d’un système financier biaisé et tout ce qui soutien ce système. L’impact, c’est la perte constante de système démocratique dans le monde et surtout une non-action avec les changements climatiques. C’est ça, le cœur des injustices pour nous et les prochaines générations.
